đ Le distributeur de monnaie
Un fait réel,pas une histoire inventée.
Un fait réel,pas une invention.
Philiboss est metteur en scĂšne de sa propre histoire :le distributeur de monnaie des grandes surfaces. Personne ne lui impose ce sujet,il le choisit et raconte un fait rĂ©ellement vĂ©cu â sans avoir besoin de mĂ©moire,puisque rien n’est appris par cĆur. Rien n’est fictionnĂ© :chaque dĂ©tail part d’une situation vĂ©cue et d’un agacement rĂ©el face Ă une machine qui dĂ©cide Ă la place de l’humain.
đŹ La dĂ©monstration
đ± VidĂ©o verticale (format smartphone)
đ Sketch d’improvisation théùtrale sur le thĂšme du distributeur de monnaie
Aucun personnage inventĂ©,aucune fiction de confort :le comique vient d’un fait vĂ©cu. La caissiĂšre est juste devant lui,il pourrait la payer directement â mais il est obligĂ© de passer par une machine dĂ©fectueuse,un intermĂ©diaire qui n’aurait jamais dĂ» ĂȘtre nĂ©cessaire.
Le texte intégral du sketch
Bonsoir,alors ce soir j’ai dĂ©cidĂ© de faire un sketch,pas tout de suite,mais en travaillant la comĂ©die,en travaillant le comique,en sortant un sketch,d’improvisation théùtrale,Ă la fois travaillĂ© sur les grandes lignes et pouvoir avoir un rĂ©sultat digne de ce nom. Alors le thĂšme c’est le distributeur de monnaie dans les grandes surfaces.
Ce matin je suis allĂ© faire les courses et la vendeuse fiĂšrement m’a dit,monsieur,dĂ©posez vos billets dans la machine qui se trouve juste devant vous. TrĂšs bien,je dis,c’est facile,je pose le premier billet,impossible qu’il rentre dans la machine,elle l’avale,elle le recrache. Ăa a durĂ©,je sais pas moi,30 secondes cette histoire,mais derriĂšre moi la file de client qui attendait,dĂ©jĂ un dĂ©but de rĂ©bellion,silencieusement. Et moi je me disais de moi-mĂȘme,si ils ont cette machine,pour gagner du temps,c’est ratĂ©,je lui aurais donnĂ© Ă la main,le billet,c’Ă©tait facile,elle Ă©tait devant moi,la fille,pourquoi elle m’a dit de le mettre dans cette machine,qui quand je le mets,il me le renvoie le billet. La fille a Ă©tĂ© obligĂ©e de faire le tour de la caisse,le mettre elle-mĂȘme,me dire,vous le mettez mal monsieur,enfin,c’Ă©tait pas vrai,je le mettais bien,elle a essayĂ© impossible. Ăa commençait Ă ĂȘtre le carnaval ici,le billet ne veut pas rentrer dans la machine,et comment on fait pour payer,hein,comment on fait,maintenant on n’a plus le droit de payer demain Ă la main,ça a devenu ça Ă l’argent,oui,donc on se sert des machines,ni vu ni connu,pas de trace,pas d’empreinte digitale,rien,c’est la machine qui dĂ©cidera,roulera,si elle veut le prendre,et si elle ne veut pas le prendre,comment on fait,on est embĂȘtĂ©,des gens qui attendent derriĂšre,vous voyez un peu dans le supermarchĂ©,le bordel que ça fait.
VoilĂ ,voilĂ ,on avance avec la modernitĂ©,avec les gens qui rĂ©flĂ©chissent,dans les centres industriels qui rĂ©flĂ©chissent,dans leur mĂ©ninges,c’est sĂ»rement un coup de l’intelligence artificielle,ça,oui,elle a dĂ» leur dire,monsieur,vous voulez plus de caissiĂšres,fabriquer des machines qui avalent les billets tout seuls,vous les mettez,les billets y rentrent,ils vous rendent la monnaie,oui,ils rendent bien la monnaie,ça j’ai constatĂ©,ils font pas d’erreur,quoi que le jour oĂč il y aura une erreur,Ă qui se plaindre ? LĂ aussi,on ne sait pas,n’est-ce pas ? Si la machine elle vous rend 10 euros de moins,comment vous pouvez,que vous puissiez prouver que c’est pas vous qui trichez,qui mentez,ça sera paroles contre machine,contre paroles d’hommes,et vous vous rendez compte oĂč on va,moi je sais plus,je sais plus,finalement la machine elle a acceptĂ© mon billet,mais comme j’en avais deux,on ne s’en sort plus,(rire) je me suis dit,mais les jours oĂč il y aura la queue,que tout le monde veut payer,qui arrive pas Ă payer,comment on fait,et la caissiĂšre fiĂšre,elle,ah non,moi je ne prends pas les billets,vous les mettez lĂ -bas,lĂ -bas je les mets,lĂ -bas,je suis d’accord,vous allez mettre lĂ -bas,mais on va attendre combien de temps,pour que la machine se dĂ©cide ?
Enfin,vous voyez le comique du sketch,le comique quoi,c’est Ă dire que le progrĂšs,ça va nous ralentir,c’est la forme de progrĂšs actuel,au lieu d’accĂ©lĂ©rer les choses,ça fait une machine arriĂšre,mais c’est nous qu’on paye le progrĂšs pour qu’il nous ralentisse,c’est nous,c’Ă©tait pas bien avant ? Vous donniez,vous donniez l’argent,on vous rendez la monnaie,c’Ă©tait convivial,c’Ă©tait agrĂ©able,maintenant de partout,il mettent des machines qui prennent les billets,si elles veulent les billets,voilĂ ,voilĂ ,voilĂ ,oĂč on en est,voilĂ ,voilĂ ,non,non,moi je suis d’accord,je suis pas un rĂąleur,il y a rien,je sui un plaignard,je me plains,quelque chose de se plaindre,je vais pas,je vais pas approuver,je peux dire,ouais,chouette maintenant,non seulement on fait la queue Ă la caisse,mais quand on veut payer,on n’y arrive plus,c’est chouette,c’est chouette comme le systĂšme,c’est chouette,mais,quand mĂȘme,est-ce que ça sert Ă ,c’est la modernitĂ©,oui,oui,mais oui,mais oui,mais oui,je vous en dirais d’autres,des anomalies,Ă©trange,bizarre,je vous en dirais d’autres,allez,j’en ai marre,on passe,on passe,moi j’y vais plus payer avec la machine lĂ ,je vais au paysant du coin,lui il me prend les billets,content,il n’a pas de machine,mais au moins il me les prend les billets,satanĂ©e machine,ça.
Allez,au revoir.
RepÚres théoriques
Bergson :le mécanique plaqué sur le vivant
Dans Le Rire(1900),Henri Bergson situe le ressort du comique dans « du mĂ©canique plaquĂ© sur du vivant »â quand un ĂȘtre vivant se met,malgrĂ© lui,Ă fonctionner comme une machine,rigide et rĂ©pĂ©titive. Dans ce sketch,c’est l’inverse qui produit le rire :c’est la machine elle-mĂȘme,rigide et bornĂ©e,qui vient s’imposer Ă l’Ă©change vivant entre deux humains â la caissiĂšre et le client â et grippe ce qui aurait dĂ» rester simple et fluide.
Freud :le rire comme décharge
Dans Le Mot d’esprit et sa relation Ă l’inconscient(1905),Sigmund Freud explique le rire comme une dĂ©charge d’une tension psychique accumulĂ©e puis brusquement libĂ©rĂ©e. Ici,la tension monte scĂšne aprĂšs scĂšne â l’agacement contre la machine,l’attente de la file,l’absurditĂ© de la situation â jusqu’Ă trouver,dans la chute du sketch,une soupape :le rire du public accompagne le soulagement du personnage.
La question de Philiboss
« Pourquoi passer par une machine en panne,quand la caissiÚre est juste devant moi ? »
Le comique naĂźt de cet intermĂ©diaire absurde et inutile â pas d’une histoire inventĂ©e.
đ BelzĂ©buth
Il n’a aucun texte Ă©crit sous les yeux,comment il fait pour tenir tout un sketch ?
đș Vahina
Il ne rĂ©cite rien. Personne ne lui donne un thĂšme :c’est lui le metteur en scĂšne,il choisit son sujet â ici le distributeur de monnaie â et raconte un fait qu’il a vĂ©cu,sans texte Ă©crit.
đ BelzĂ©buth
Donc tout est inventĂ© sur le moment,comme n’importe quelle improvisation ?
đș Vahina
Non,justement â c’est un fait rĂ©ellement vĂ©cu. La caissiĂšre Ă©tait juste devant lui,il aurait pu la payer directement. C’est la machine,dĂ©fectueuse,qui a rendu la chose absurde.
đ BelzĂ©buth
Mais c’est quoi,le vrai ressort comique,alors ?
đș Vahina
Ne pas pouvoir payer de la main Ă la main la caissiĂšre qui est juste devant lui,et ĂȘtre obligĂ© de passer par un intermĂ©diaire â la machine â qui,en plus,est dĂ©fectueux. Ăa aurait Ă©tĂ© si simple de payer directement.
đ BelzĂ©buth
Mais alors le rire vient d’oĂč,si rien n’est inventĂ© ?
đș Vahina
Le rire vient du rĂ©el observĂ© avec prĂ©cision. Plus l’observation est vraie,plus le public reconnaĂźt sa propre expĂ©rience â et plus ça fait rire.
đ BelzĂ©buth
Et s’il perd le fil,en pleine improvisation ?
đș Vahina
Il ne perd pas le fil,parce qu’il raconte un fait qu’il a vraiment vĂ©cu. Pas besoin de mĂ©moire quand c’est une histoire vraie :elle porte le sketch toute seule,mĂȘme quand les mots changent d’une prise Ă l’autre.
đ BelzĂ©buth
Mais une machine,ça devrait pas simplifier le travail des gens ?
đș Vahina
C’est bien tout le paradoxe. La machine devrait faciliter le travail. Ici,elle le complique :la caissiĂšre doit composer avec elle pour encaisser les clients. La modernitĂ©,au lieu d’aider Ă travailler,empĂȘche de travailler.
đ BelzĂ©buth
Mais alors,c’est quoi,la vraie dĂ©monstration d’acteur,ici ?
đș Vahina
Le naturel. Aucune emphase,aucune exagĂ©ration,aucun temps mort :tout coule de source,comme s’il parlait simplement aux spectateurs. Sa voix se colore de rires,d’Ă©motions vraies â jamais on n’a l’impression d’une machine qui dĂ©bite froidement un texte. Ăa,c’est l’acteur authentique.
đ Ce que dĂ©montre Philiboss
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Un fait vĂ©cu,pas un texte appris :Philiboss est metteur en scĂšne de sa propre histoire,il choisit son sujet et raconte un fait rĂ©el â sans besoin de mĂ©moire. - 2ïžâŁ
Un fait rĂ©el,pas une invention :le comique vient d’une situation vĂ©cue â payer une caissiĂšre juste devant soi devient impossible Ă cause d’un intermĂ©diaire dĂ©fectueux. - 3ïžâŁ
Le scĂ©nario dynamique :la ligne d’action vraie du personnage guide l’improvisation,mĂȘme quand les mots changent. - 4ïžâŁ
La modernitĂ© qui complique :la machine devrait faciliter le travail,mais ici elle en rajoute â la caissiĂšre doit composer avec elle pour encaisser les clients. - 5ïžâŁ
Le naturel de l’acteur :aucune emphase,aucune exagĂ©ration â tout coule de source,comme une parole adressĂ©e simplement au public,colorĂ©e de rires et d’Ă©motions vraies.
đ Apprendre l’acting par la crĂ©ation directe ?
DĂ©couvrez la mĂ©thode de Philiboss :partir du rĂ©el,jamais de l’invention.
DĂ©couvrir la formation (8âŹ/semaine)
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Improvisation ancrée dans le réel
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Le comique tiré du réel,jamais inventé
â
Création directe,sans texte figé
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Philiboss,Vahina &Belzébuth
Acteur.Studio â ChĂąteauvieux,France
« ArrĂȘtez les emmerdements. Rigolez ! »